10.28.2011

La différence.

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< Je suis différent/e... comme tout le monde. > [Expression populaire]

 [Version "originale" sur mon Tumblr ]

Ici, c'est de différence d'orientation sexuelle, dont je veux parler.


Je supporte la diversité sexuelle ; j’y suis même complètement ouverte. J’ai fréquenté autant d’hommes que de femmes, homo/bi/hétéro, depuis mes 15 ans. J’ai de bons amis homo/bi, de la famille aussi - cette “culture” fait partie de moi. Ma propre mère avait constaté mon attirance pour les filles à mon plus jeune âge. No biggie. J'ai beau avoir un conjoint masculin que j'adore par-dessus tout, ça ne m'arrête pas de trouver les filles aussi de mon goût.

La Fierté Gaie? J’ai plus de mal avec ça, malgré tout le respect que j’ai pour la communauté. Je ne m’oppose en aucune façon à la manifestation de l’amour pour le même sexe, mais. Pourquoi s’afficher haut et en couleurs (c’est le cas de le dire) alors que le but supposément visé est de s’intégrer à la masse et d'aider à atténuer la différence? Je trouve que ça va contre toute logique. Si bien que ça produit souvent l’effet inverse. À la limite, ça passe davantage pour de la provocation que de la sensibilisation. Ou encore, pour certains, c’est une façon puérile mais tristement efficace de s’attirer l’attention de leurs semblables et de s'ambitionner entre eux. “Je suis différent, regardez-moi!” / “Je suis bisexuelle ; je suis hot et tendance.” NOT.


J’ai toujours eu horreur de cette attitude. Et pourtant, je ne me suis jamais cachée. S’assumer en toute fierté est une chose respectable ; se pavaner, s’exhiber, c’est autre chose. Je n’ai jamais eu besoin de m’étamper mon orientation dans le front pour me faire accepter. Au contraire, je me suis mérité le respect de mes proches de par mon attitude naturelle. On méprise davantage les putes d’attention que les gens authentiques et bien dans leur peau.


Les hétéros n’ont pas besoin de se prouver à personne - les LGBT ne devraient pas non plus. J’irais même jusqu’à dire que c’est justement ce genre d’attitude qui me rend “homophobe”. (Ne pas prendre le terme au pied de la lettre, je vous prie.) Maintenant, il faut se mettre à la place de ceux qui sont plus étroits d’esprit ; Aucunement surprenant qu’ils soient choqués, embarrassés et dérangés par ce comportement déplacé.



Si seulement tout le monde pouvait comprendre ça. Et l'appliquer.

Sans s’embarrasser de bullshit superflue.
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10.26.2011

Le destin. ♥

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< Call it fate, call it luck, call it karma.
I believe everything happens for a reason.
>
[ Peter Venkman, Ghostbusters ]
 

Ah, mon Kev. Oui, toi : j'ai envie de parler de toi, aujourd'hui. :)

Pour moi-même, pour me remémorer... et pour me souvenir de tout, plus tard.

Ça fera bientôt un an et demi que Kev et moi sommes ensemble, sans pause ni rupture. Déjà. Mais si peu longtemps, en même temps. À vrai dire, exception faite de deux nuits au courant des premières semaines, nous ne nous sommes pas quittés depuis le 13 juin 2010. Nous cohabitons officiellement depuis le 1er juillet de l'an dernier. Certains se sont étonnés, voire choqués, qu'il ait emménagé avec moi si tôt - après tout, ça ne faisait que deux semaines que nous nous fréquentions ; mais les circonstances en ont fait ainsi. En temps normal, je ne suis pas du genre précipitée... C'était un "risque" à prendre, mais d'un autre côté, je crois que tous les deux savions que nous serions assez adultes et compatibles pour faire le move aussi rapidement. Comme de fait, ça n'a jamais posé problème, bien au contraire : je crois que nous avions en quelque sorte besoin de la présence l'un de l'autre à ce moment-là. Ce fut donc une très bonne chose. ;)

Quand je pense que, si ce n'était pas d'un autobus en retard, nous ne nous serions probablement jamais rencontrés. C'est fou comment le destin fait les choses, parfois. C'est également terrifiant, parfois, de constater comment certaines coïncidences concordent parfaitement bien avec les vides à combler dans notre vie. Je me dis quelquefois que rien n'arrive pour rien.

J'ai connu Kev dans les environs du mois de mars, l'an passé. Nous avions mon vieux pote Francis en commun, qui eux s'étaient rencontrés quelque temps plutôt à un arrêt d'autobus en banlieue de Montréal, un soir d'hiver où le chauffeur s'était dit qu'il n'y avait pas de presse et qu'il pouvait préalablement ne jamais se pointer audit arrêt. Les deux gars ont échangé une clope et quelques mots, ont finalement fait le chemin du retour à pied ensemble... pour finalement réaliser qu'ils habitaient tous les deux sur la même rue. Haha. Quand on dit que tout le monde se connaît en banlieue, ce n'est pas faux. Les chances qu'un tel événement se produise? Fort improbable, et pourtant. La vie a mis Kev sur le chemin de mon meilleur ami, puis éventuellement, il s'est carrément foutu, imposé dans MON chemin, avec l'intention ferme de ne pas me laisser le contourner si facilement. Car à ce moment-là, c'est bien ce que j'avais l'intention de faire. Je dois reconnaître que Kev a des bons skills de persuasion. Il ne lui aura pas fallu plus de quelques semaines pour venir à bout de mes convictions et de ma ténacité.

À ce moment-là de ma vie, je croyais dur comme fer que mon attirance sexuelle n'était réservée qu'aux femmes. Ou plutôt, c'est ce qu'il me plaisait de croire ; ayant eu de mauvaises expériences et/ou rejet avec les premiers garçons qui m'étaient tombés dans l'oeil, je m'étais résolue à l'idée que les mecs n'étaient pas pour moi, pour diverses raisons. Aussi, j'ai toujours eu une facilité naturelle avec les filles, sans mentionner le fait que ces dernières m'avaient plus souvent manifesté de l'intérêt que les garçons. Je n'ai pas réellement tenté de lutter contre le cours naturel que semblait prendre les choses. J'ai fréquenté des filles durant presque trois ans, sans m'interroger en profondeur si je faisais la bonne affaire, sans m'intéresser réellement aux autres alternatives... Pour ne pas dire que je préférais en quelque sorte laisser la porte fermée sur mes démons, en croyant que cela me faciliterait les choses. Or, cela a fini par me rattraper bien assez tôt. La curiosité est un bien vilain défaut par lequel j'aime bien me laisser tenter.

Kev et moi avons pris contact via Internet, au premier abord. À travers quelques commentaires échangés sur Facebook, sans plus. Éventuellement, un pop-up sur MSN m'invite à l'ajouter à mes contacts. Le gars est sympa, bien qu'un peu morose, mais son perpétuel sarcasme a un quelque chose d'intriguant et dieu seul sait à quel point je peux rapidement m'intéresser à l'histoire d'une personne qui sort un peu du lot. Après seulement quelques conversations, j'ai eu droit à quelques confidences au sujet des choses qu'il avait sur la conscience, des histoires du passé qui le tourmentaient, ainsi qu'une confession au sujet de la fille pour qui il avait des sentiments à l'époque, depuis quelque temps déjà. Une bonne amie de la banlieue, ex fréquentation, à qui il s'est malgré lui attaché à nouveau (en dépit du désir manifesté de cette dernière de fréquenter une fille, et non plus un homme). Il m'envoie sa photo par messagerie instantanée, me demande ce que je pense d'elle. Haha. Heureusement que je n'avais aucun intérêt pour Kev à ce moment-là. Je pense que j'aurais imprimé sa photo (à elle) et j'en aurais fait un jeu de dards derrière ma porte de chambre. (Sans rancune, Steph - je t'aime bien, et c'est vrai que tu es plutôt chaude. ;P)

Un bon soir, on frappe à ma porte. Invités surprise? Je suis d'humeur infernale, je ne m'endure pas et je chéris ma solitude au plus haut point - je n'ai certainement pas envie d'être dérangée... mais non, il fallait qu'on frappe à ma porte sans prévenir. Pas seulement 2 ou 3 petits coups ; on défonce presque ma porte à coups de poings. L'écume me monte presque aux lèvres tant je rage, mais je consens à aller ouvrir en me promettant de faire ça short and sweet. Devant moi : Francis (pas surprenant), Julie (je suis en beau pétard après elle, à ce moment-là), et un random dude -- oh, on dirait que c'est le Kev d'internet. Les trois s'invitent à leur aise chez moi, tandis que je frotte furieusement ma vaisselle, incapable de trouver l'audace de les foutre à la porte. Ils ont excessivement mal choisi le moment pour nous introduire, lui et moi, c'est le cas de le dire. Quand j'ai envie de faire preuve de mauvaise foi... je suis indomptable ; étrangement, j'ai fini par prendre sur moi, calmer mes hormones, et me montrer un tant soit peu moins hostile, pour la peine. Nous finissons la soirée chez Julie à jouer à Smash. Plutôt cool. Ça valait le dérangement. :)

Les semaines avancent, Kev et moi continuons d'échanger par écrit quelques expérience de vie personnelles ou semblables. Sans plus. On se revoit une fois ou deux avec d'autres amis. Il ne parle plus vraiment de Steph, avec le temps - je le soupçonne de s'être intéressé à notre amie, maintenant. Du coup, je me dis que le gars me semble désespéré d'enfin trouver la bonne fille. Ça me peine un peu pour lui de voir ladite fille se caser avec un douche, mais d'un autre côté, je me dis que les choses devaient sans doute se produire de la sorte. Nous sommes en fin avril. Je suis toujours célibataire, et pour ma part, j'ai moi-même encore des sentiments refoulés depuis le début de l'hiver.

Audrey. Une bonne et gentille fille, je la connais depuis l'été précédent. Quelque chose dans sa personnalité me charme, je m'en éprends après quelques mois à hésiter, par peur de prendre à nouveau un mauvais tournant et de le regretter. Je suis dès le début confrontée à un adversaire masculin, duquel elle se dit amoureuse... sans pour autant qu'elle me rejette. Confusion. Triangle amoureux. La situation est ambiguë et embrouillée durant les derniers mois de 2009. En bout de ligne, nous coupons les ponts, elle repart avec le mec et nous nous disons que c'est sans doute pour le mieux. Fin avril 2010... j'ai grosso modo fait mon deuil, mais une partie de moi regrette malgré tout la tournure des choses. Je me suis faite à l'idée, j'ai pris les mesures nécessaires pour me détacher, avec plus de succès que je ne l'aurais espéré dans d'aussi brefs délais. Mais évidemment, elle réapparaît dans le portrait au moment même où je tente de me dissuader d'elle complètement ; de nouveau célibataire, elle confesse que je lui manque, qu'elle souhaite qu'on recommence à se fréquenter, histoire de nous donner une chance de faire les choses en bonne et due forme. Bah. Je n'ai rien à perdre... bien que je ne sois pas 100% convaincue que ce soit une bonne décision de ma part. Quelque chose me fait hésiter, mais je n'arrive pas à identifier la cause exacte de mon doute. Je pèse le pour et le contre, et finis par me décider à me jeter tête première dans cette affaire et à cesser de me poser une panoplie de questions ; après tout, je convoitais cette chance depuis plusieurs mois, et me la voici offerte sur un plateau d'argent. Je m'en serais mordu les doigts de décliner telle proposition. 

Avec du recul cependant, je réalise que... je ne voulais pas vraiment. J'ai fait le choix logique, égoïste, d'opter pour la facilité, la sécurité. J'étais de toute évidence déjà trop avancée dans mon processus de deuil pour revenir sur mes pas. Les premiers moments partagés avec une personne aimée sont magiques. La magie peut durer des jours, des semaines, des mois ; une fois cette phase terminée, il est difficile, voire impossible, de recréer des émotions aussi fortes. Je crois que c'est ce que je recherchais à ce moment-là. Je regrette d'avoir été assez sotte pour croire que nous arriverions à reproduire la magie des premières fois après avoir vécu une pareille déception. Car j'y croyais vraiment, la première fois - mais pas la deuxième. Je m'en veux d'avoir été aussi égocentrique et naïve, car en bout de ligne, j'ai du infliger de la douleur et du chagrin à une bonne fille qui n'en méritait pas du tout.

Mai 2010. Notre groupe d'ami se résume essentiellement à : Francis, Kev, Audrey, ma sœur et moi. On se voit quelques fois pour siroter une bière chez Kev, devant Smash - au désespoir d'Audrey qui n'aime pas particulièrement les jeux vidéo. Un running gag finit par s'instaurer dans le groupe - Kev peut être une vraie petite garce quand il décide de faire le con pour faire marrer les autres. < Mon amooOoOuuUuUuuRrrR? > Audrey a une intonation comique quand elle me surnomme de cette façon. Kev exagère la chose en l'imitant pour se moquer (sans méchanceté). Il s'est mangé quelques baffes derrière la tête pour ça, d'ailleurs, mais il s'acharnait à nous taquiner avec ça - moi plus particulièrement. Je lui retourne sa propre blague, je l'interpelle de la même façon. < Hey, mon AaaMooOooooUuUUuUr? > Il répond à l'appel avec entrain. Huh. Un peu trop d'entrain. Le doute s'insinue dans mon esprit. C'est juste moi, ou bien il tente sa chance avec moi, le mec? Il voit pas que j'ai une copine? Apparemment, non, il ne la voit pas. Les conneries prennent de l'ampleur avec les semaines, et je suis autant à blâmer, car sans trop comprendre pourquoi, j'y prends un certain plaisir ; sans trop comprendre pourquoi, si je constate qu'il se désintéresse de ma personne, la jalousie me serre les entrailles et le feu me monte aux joues. D'ailleurs, il ne tarde pas de le remarquer et de tourner ma faiblesse en sa faveur. J'ai déjà dit à quel point ce gars-là est une véritable agace? Oui oui, vraiment. Et je ménage mes mots.

Début juin 2010. Moment redouté depuis plusieurs semaines : Audrey part une semaine en Espagne, et je me retrouve seule. C'est arrivé plus vite que je ne le prévoyais. La première journée est difficile, mais je m'efforce de ne pas m'apitoyer sur ma déprime, déjà que je suis forcée de me rendre à l'évidence : je suis foutrement confuse. Je m'évertue à me tenir occupée et voir mes amis. Une soirée passée avec Francis à déconner et parler avec Kev sur internet en même temps. Une autre soirée ou Kev et moi n'avons pas le moral et décidons d'aller prendre un café en ville, juste nous deux - je ne suis pas certaine d'être totalement à l'aise avec l'idée, ne sachant pas s'il me fait des avances ou non, et ayant pleine conscience que j'ai une copine qui pense à moi à l'autre bout du monde... mais finalement, se joignent à nous une tonne d'autres amis, faisant en sorte que notre café wannabe "date" est loin d'être ce qu'il aurait dû être initialement. Ça ne l'arrête pas de me donner des surnoms taquins - chérie, luv, "mon aMooOoUuUur" lol - il me fait même le coup du "bâillement romantique" totalement cliché, il me pique mon cellulaire pour changer ma photo d'accueil pour une photo de sa tronche qui grimace. Haha. Quel con. Une soirée étrangement entamée, bien loin de mes attentes, mais plutôt charmante et divertissante. Avec Francis et ma sœur, nous aboutissons en fin de soirée chez Kev à regarder des films. Ou moi, à contempler Kev en cachette, plutôt que le film. :D Moi qui jusqu'à maintenant ne l'avais jamais trouvé particulièrement attirant pour un homme, soudainement, je n'arrive plus à décrocher mes yeux de sa silhouette à travers la pénombre, et je dois dire qu'il m'a surprise plus d'une fois en train de l'épier. La nuit tire à sa fin, le soleil commence à se pointer - je réalise que c'est la première fois que je vois Kev en plein jour (sa peau brille au soleil! LOL je plaisante), et putain, je suis pathétique et j'ai honte : je n'arrive même plus à soutenir son regard. Je me rappelle, ce matin-là, juste avant de rentrer chez moi ; il est appuyé nonchalamment contre la barrière de son balcon, dehors avec sa cigarette entre les doigts, le lever du soleil en arrière-plan, et il plante son regard dans le mien, sans rien dire, jusqu'à ce que je flanche et détourne les yeux, rougissant de plus belle. Quel connard. Quel sublime, magnifique connard. Je lui en voulais de s'être insinué aussi sournoisement dans mon esprit, à mon insu, surtout tandis que j'étais vulnérable à ses charmes de par ma confusion et mes remises en questions. Je n'ai jamais trop su comment, mais il lisait en moi comme dans un livre ouvert. J'imagine que j'étais moins subtile que je le croyais. :|

Je rentre chez moi à 7:30 du matin, raccompagnée par Francis. Je ne trouve pas le sommeil avant des heures, je suis rongée, ravagée, complètement perdue. Je pense à Audrey qui revient d'Espagne ce jour-là, et du coup, je ne sais plus si j'ai aussi hâte de la retrouver. J'ai peur. Je culpabilise. Je panique. Je manque de temps pour réfléchir, réagir sans causer trop de dégâts. Je m'accorde finalement le luxe de deux ou trois heures de sommeil tourmenté, pour finalement me réveiller et trouver un message enthousiaste de Kev sur MSN, et un SMS d'Audrey sur m'annoncer qu'elle prend l'avion ce soir vers Montréal. Dilemmeee. J'ai le moral à terre, j'ai envie de m'enfermer dans un cocon et attendre que la guerre de mes émotions soit terminée pour en ressortir. Si seulement c'était aussi simple que ça. Dans un cas comme dans l'autre, le doute est semé : demeurer avec la fille que je ne suis plus certaine d'aimer, ou prendre le risque d'essayer quelque chose de complètement différent et nouveau sans savoir si cela me conviendra? Je sais au fond de moi ce que je désire ardemment, mais il me reste surtout à me convaincre moi-même que c'est la bonne chose à faire.

Ce soir-là, je rends les armes, je déclare forfait : seule devant mon ordinateur, j'écris un long, très long message, dans lequel je me confesse à lui. Je mets des heures avant de me persuader d'appuyer sur "send". J'attends. J'hésite encore. Le message est juste là, sous mes yeux, prêt à être envoyé ; j'entends ma porte d'entrée se déverrouiller et s'ouvrir. Audrey qui débarque sans m'aviser. Prise au dépourvu, je cache la lettre sans tarder et je m'efforce de me montrer agréable avec elle, bien que le cœur n'y soit pas. Je crois que j'ai eu la confirmation de mes doutes à ce moment-là. Son arrivée me faisait l'effet d'une intrusion, d'une agression, je n'étais pas prête à la revoir ni à l'accueillir chez moi... mais comment lui expliquer que tout s'est chamboulé si drastiquement? Je me tais comme une lâche. Je suis distante, mais juste assez naturelle pour ne pas trop semer le doute. Elle me quitte pour aller dormir dans ma chambre, je lui dis que je la rejoindrai sous peu, que je dois terminer quelque chose avant. J'ouvre le message qui attend patiemment d'être envoyé... et je l'achemine à Kev, redoutant le pire. Évidemment, c'est à ce moment que l'idée se forme dans ma tête : et si je m'étais imaginé toutes ces choses tout simplement par fantaisie? Peut-être qu'il pense encore à Stéphanie. Peut-être qu'il ne considère ceci que comme une vague plaisanterie, ou même, si ça se trouve, il se fiche complètement de ma gueule. Va-t-il seulement se donner le trouble de répondre à ma confession, ne serait-ce que par une politesse? Qui sait. Je tombe d'épuisement mental et physique et vais m'affaler dans mon lit, vidée, découragée, mais heureusement, le sommeil me gagne rapidement.

...Mon cellulaire vibre à trois heures AM. Je peste. J'ai oublié de fermer le son. J'ai horreur de me faire réveiller. Je me prépare mentalement à déferler ma rage sur le connard qui a eu la brillante idée de me texter à une heure pareille.

Kev : Can I see you...? :3 

Wat. Wat wat wat. Wat? 
Je ne comprends pas immédiatement, je suis encore endormie. 

Moi : Euh, quoi? Genre, Maintenant? Il est 3h du matin...? o.O   

Audrey s'impatiente, elle aussi réveillée par le message et la lumière de mon écran de téléphone. Je lui dis que ce n'est rien d'important, elle se rendort rapidement. De retour à mon cellulaire, la lumière commence à se faire dans mon esprit, mais je tâche de ne pas m'emporter trop rapidement. Serait-ce une réponse favorable à mon message?

Il me propose de me rencontrer au coin de ma rue dans 15 minutes. Wtf. J'ai terriblement envie d'accepter et de courir le rejoindre, mais si j'avais quitté Audrey au beau milieu de la nuit, comme ça, sans prétexte valable, ça aurait été non seulement irrespectueux, mais aussi plutôt douteux. Je prétexte à contre-cœur que je dois rester à la maison, mais je lui dis de me retrouver sur MSN. Pour ne pas importuner davantage Audrey qui commence à s'énerver parce que j'envoie des textos au beau milieu de la nuit, je vais me barricader dans la salle de bain avec mon laptop, assise en indien sur la cuvette fermée - c'est le peu d'intimité que me permet actuellement mon minuscule appartement.

Nous discutons. Je sens le besoin de me justifier davantage, en espérant ne pas trop passer pour une idiote complètement mêlée et indécise, et je panique un peu, car il ne dit rien concernant ses intentions. J'essaye de le faire parler, je n'arrive pas à le cibler. Je me résous finalement à lui demander de m'éclairer un peu avant de péter un plomb.

Moi : Je croyais qu'il y avait une autre fille dans le décor...? 

Kev : Justement, elle est dans le décor. Loin. On s'en fiche. 

OMG VICTOIRE!?! Mais encore? Ça ne veut rien dire, n'est-ce pas? Ne te fais pas de faux espoir, la grande, peut-être qu'il ne--

Kev : Je crois que je t'aime. :/ 

...HOLYSHITFUCK. Mon cœur fait trois tours dans ma poitrine. Je relis au moins dix fois avant de penser à trouver quelque chose à répondre - et encore là, je n'ai pas de mots. Je crois que je ne me permettais pas d'en espérer autant. Je souris bêtement, muette, je jubile, je me retiens de hurler de joie, pour peu j'en tape des mains - ne tenant surtout pas compte que je suis assise, à quatre heures du matin, sur le couvercle de la cuvette dans ma salle de bain grande comme un placard, avec mon chat qui enterre ses besoins dans son bac à litière. Le portrait est tellement ridicule, mais j'étais tellement, tellement heureuse. Haha. Déclaration d'amour dans les bécosses. Romantique, n'est-ce pas? :P

Au moment de regagner mon lit, dans tous mes états - chose fort difficile à cacher, d'ailleurs - s'impose à moi comme un sceau d'eau froide en pleine figure la constatation suivante : nous avions tous prévu (Francis, ma sœur, Audrey et moi) d'aller souper ensemble chez Kev, le lendemain. Évidemment, il n'est pas question d'annuler ; évidemment, j'aurais peut-être dû mettre les choses au clair avec Audrey avant d'aller là-bas. Le cœur m'a manqué. Encore. Je crois que je craignais toujours de faire le mauvais choix. La peur de lui briser le cœur me retenait aussi, c'est certain. Mais dans tous les cas, il me faudrait rapidement prendre une décision. 

Le lendemain, en route vers chez Kev, je lui demande via texto de bien vouloir garder les choses sous couvert le temps que je mette moi-même un peu d'ordre dans tout ce foutoir, de laisser ça "mort" pour la soirée, histoire que ça ne vire pas en drame et que tout le monde puisse passer au moins une dernière soirée tous ensemble dans une ambiance agréable. Audrey est au volant de sa voiture, ma sœur nous accompagne. Nous arrivons devant chez Kev, où Francis et lui devaient nous attendre dehors pour embarquer avec nous et aller faire des courses pour le souper. Évidemment, aucun signe des deux gars... Je prends donc la téméraire initiative de monter au troisième étage pour aller les chercher, le cœur battant, énervée comme une adolescente de 16 ans. Haha. Je cogne à la porte, j'attends un bon moment...

C'est un Kev vêtu uniquement d'une serviette de douche, presque encore ruisselant, qui vient m'ouvrir. Je manque de m'étouffer de surprise. QUELLE PUTAIN D'AGACE. Difficile de lui cacher ma gêne, il trouve ça même plutôt drôle. Tandis qu'il fait mine de rien, je leur fais pression pour qu'ils se grouillent à venir nous rejoindre dans la voiture, et d'ailleurs, je retourne m'y planquer aussitôt, sous le choc. Je ne sais pas si je cache bien mon jeu, mais ni Audrey ni ma sœur ne semblent s'interroger sur mon cas.

L'heure du souper approche. AWKWAAARD. Autant dire que ce fut une soirée incroyablement embarrassante. D'un côté, Audrey cherche mon attention et ma proximité, et j'ai du mal à les lui accorder, ça ne me vient pas naturellement, mon esprit est ailleurs ; de l'autre, Kev fait subtilement son agace en me jetant des regards suggestifs, en faisant exprès de me frôler le dos du bout des doigts à chaque fois qu'il passe derrière moi, me sourit moqueusement lorsqu'il me voit rougir. Le salaud, haha. Audrey réalise ma froideur au bout de quelque temps, c'est prévisible. J'ai du mal à faire semblant. Je ne veux pas être plus hypocrite que je ne le suis déjà. Ce n'est pas mon genre de jouer sur deux terrains en même temps, et j'ai horreur de me sentir prise entre deux. Le souper était excellent, bien que j'étais trop nerveuse pour avoir moindrement d'appétit. Puis l'alcool commence à avoir ses effets sur chacun de nous. Au fil de la soirée, je ne sais comment nous en arrivons à ça, Audrey déclare tout bonnement qu'elle a embrassé un de ses amis gais, récemment, juste à la blague. Et ce pendant qu'elle était relation avec moi. Je reste bête, du coup, je suis plutôt choquée, mais d'un autre côté, ça me déculpabilise un peu. 

Un plus grand malaise s'installe, la déprime me prend. Je m'éclipse avec Francis le temps de prendre une marche dehors, histoire de reprendre un peu mes esprits. Je reçois un texto de ma sœur qui me dit qu'Audrey est en pleurs, si je me souviens bien, et me demande où je suis, m'annonçant que Kev vient de les laisser toutes les deux seules. Elle ne comprend rien - personne n'y comprend quoi que ce soit, en fait... Kev nous rejoint dans un parc à côté de chez lui, sans doute pour s'assurer que tout va bien. Personne ne sait quoi dire - qu'y avait-il à dire, de toute façon? - et puis ma sœur me presse de revenir consoler Audrey. Ce que je fais, malgré moi. J'en ai marre de cette soirée. Le gouffre entre elle et moi s'élargit de quelques kilomètres, l'ambiance est à son comble du malaise et à la déprime. Elle décide qu'il est temps de mettre fin à cette soirée et de rentrer chez moi avec ma sœur. (Dyke drama much lol.) Je ne veux pas embarrasser mes deux amis davantage, mais d'un autre côté, je n'ai pas envie de rentrer. Je dis à Audrey et ma sœur de rentrer sans moi, je me mérite une nouvelle crise. Je finis par céder et rentrer avec elles, laissant derrière moi un Kev franchement déçu de me voir partir. À peine ais-je quitté qu'il me texte déjà de rester, de revenir, de garder contact avec lui. Affreux dilemme - j'ai une conscience, quand même. Je lui demande de bien vouloir patienter un peu, tandis que je rentre à la maison pour finalement confronter Audrey et expliquer la vérité qu'elle mérite de connaître.

Elle me devance un peu. Je lui admets que je ne suis plus certaine de mes sentiments pour elle. Je n'en dis pas plus. C'est elle-même qui en vient à la conclusion que ce n'est pas vivable comme ça, que nous devrions prendre une pause chacune de notre côté et que je devrais y réfléchir. J'acquiesce par mon silence, je suppose. Elle va dormir, chagrinée. J'improvise un lit à ma sœur sur le futon de mon salon, avec un film pour lui changer les idées. Elle s'endort assez rapidement. Kev continue de me texter. < Je crois qu'on a des choses à se dire... Reviens s'il te plaît. :( > Ugh. Comment refuser. Audrey s'est endormie, ma sœur somnole aussi. Je laisse une note sur la table, mentionnant que je pars prendre un café avec Kev, de retour dans quelques heures. À ce point-là, j'ai compris que j'ai tout foutu en l'air avec Audrey, alors autant lui dire la vérité.

Les autobus de nuit à Montréal, direction St-Michel... Hum. Pas la chose la plus sécuritaire qui soit à 3:30AM. J'ai la trouille comme pas possible, je cours comme une mauviette jusqu'à l'arrêt d'autobus, l'attrape de justesse et monte à bord d'un bus où je suis la seule blanche. Haha, pas étonnant, remarque. Je n'y prête pas trop attention, j'ai tellement hâte d'arriver à destination que je me fiche bien du "danger". Nous continuons de nous texter... et je rate mon arrêt. De PLUSIEURS coins de rue. Über fail. Je descends dès que je m'en rends compte, en panique, je n'ai pas la moindre idée d'où je suis et le quartier n'est pas très fréquentable pour une jeune fille de 19 ans, en pleine nuit. Je marche jusqu'au prochain dépanneur pour appeler un taxi. Qui me coûte une fortune. Mais. Quinze minutes plus tard, il est passé 4:00AM, et je rejoins finalement un Kev qui commençait d'ailleurs à s'inquiéter de mon retard. Nous voilà finalement ensemble. Juste nous deux. Enfin.

Je crois que j'ai eu droit au plus long câlin de l'histoire dès que j'ai franchi sa porte, haha. <3

Nous passons la nuit à nous tenir les mains comme deux gamins empotés, moi plutôt timide, lui simplement respectueux. Au début j'hésite à me rapprocher trop de lui - je sais qu'Audrey est toujours chez moi et qu'elle est bouleversée par ma faute... Mais je me rappelle l'épisode de son baiser échangé avec un ami, puis je me dis... bah tant pis. Elle ne s'est pas privée de faire une connerie, alors à mon tour. Celle-ci en vaut beaucoup trop la peine. Nous avons parlé des heures, collés l'un à l'autre, de tout et de rien. Je dois dire que la proximité d'un homme me faisait tout drôle, ça datait d'il y a plusieurs années. Son odeur, sa beau, son contact - à la fois tellement différents et réconfortants. Ce n'est qu'aux petites heures du matin que je me suis décidée à laisser ma conscience et mes remords derrière moi, et à l'embrasser. On ne regrette pas ce genre de bêtise. J'étais tellement, tellement bien.

Il est 8:00AM, ma sœur me texte, inquiète, me demandant pourquoi je ne suis toujours pas rentrée. Oups. Je n'ai pas vu le temps passer. Kev me supplie de rester, juste pour dormir ensemble (dans le sens propre du terme, oui oui). DILEMME. Mais comme je suis une fille responsable, j'écrase mon envie de rester collée à lui, et il me raccompagne, main dans la main, à l'arrêt d'autobus.

Soirée abominable, nuit inoubliable. Matin désagréable, surtout. Drôle de combinaison.

Je rentre dormir quelques heures, Audrey et ma sœur sont toujours là. À mon réveil, elles sont parties : ma sœur, à l'école ; Audrey, pour de bon. Je suis quand même peinée de la perte, mais je tâche de me montrer le plus détachée possible, pour la laisser partir sans la regretter, ni qu'elle me regrette. Évidemment, ça n'a pas été si facile que ça, surtout pour elle... J'ai dû me montrer froide et méchante pour l'éloigner de moi, lui faire comprendre que je ne lui reviendrais plus. Je ne suis pas une fille cruelle de nature, surtout pas envers ceux qui ne le méritent pas. Ça m'a beaucoup peinée de devoir agir avec aussi peu d'humanité, mais d'un autre côté, ça me paraît pire encore d'enfoncer le couteau dans la plaie. On ne s'est jamais réellement reparlé depuis. C'est quand même dommage. Mais je crois qu'elle a retrouvé l'amour, alors c'est l'important.

Eh voilà pour l'histoire. Ou du moins, ce sont les grandes lignes de notre introduction ô combien maladroite et rocambolesque, haha. J'irais presque même jusqu'à dire dramatique. Mais qu'importe - on en rit, désormais. Ce sont de superbes souvenirs. 

Bien que ça puisse sembler sans cœur de ma part, cependant... Je ne regrette rien. Je suis contente d'avoir eu l'audace de prendre ces décisions, même si elles ont été difficiles. Aujourd'hui, je suis heureuse comme jamais. Je crois que c'est la première fois que je vis un véritable amour - sain, mature, authentique, épanoui. J'ai enfin trouvé la personne idéale pour moi. Nous nous complétons naturellement sur tellement d'aspects. Je n'ai jamais partagé une telle complicité avec qui que ce soit - et ça, ça vaut de l'or à mes yeux. C'est la meilleure chose qui pouvait m'arriver, il est apparu pile au moment où j'avais besoin de lui dans ma vie. Il m'a apporté beaucoup de bien. Des moments que je n'oublierai jamais. Des petites attentions tellement touchantes. Des conneries à n'en plus finir. Des disputes tellement enfantines, haha. Des réflexions sur moi-même et sur mes perspectives. Et surtout, il m'apaise, me donne l'impression d'être enfin... complète. Il est juste... tellement tout. ♥


Je conclus sur la chanson avec laquelle tout ça a commencé. ;)


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10.11.2011

La vérité.

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< Qu'est-ce que la vérité ? 
Il y a la tienne, la mienne et celle de tous les autres.
Toute vérité n'est que la vérité de celui qui l'a dite. 
Il y a autant de vérité que d'individus. > 
[Eric-Emmanuel Schmitt]

Ces lignes sont terriblement vraies. Car tout n'est, en effet, qu'une question d'interprétation personnelle... Ainsi que de la perception que les gens ont des choses, des autres individus - de l'image que ces derniers projettent, entre autres. Cet extrait de l'excellent roman d'E.E. Schmitt, L'Évangile selon Pilate est une citation de son personnage Jésus (fictif), et je trouve intéressant de s'attarder sur le fait que ces sages propos sont encore (sinon on ne peut plus) d'actualité quelque 2000 ans plus tard, qu'ils aient été tirés de la Bible même ou qu'ils soient issus de fiction.

L'un de nos principaux coupables, pour ne pas porter d'accusation directe à l'homme : Internet. Merci, car grâce à toi, le monde est ce qu'il y a de plus superficiel, antisocial et illusoire. 

Il faut prendre le temps de s'y arrêter pour réaliser à quel point on n'a plus de colonne. On se cache derrière une fausse identité : pseudos multiples associés à nos personnalités imaginaires selon notre humeur ; photos modifiées et censurées afin de cacher pustules pré-pubères, cernes et bourrelets en trop ; présentation de profil dans laquelle on gonfle abusivement notre ego en espérant persuader les plus dupes qu’on n’est pas si ordinaire que ça – bien qu’en toute franchise, on a pleinement conscience de nos failles et de nos complexes qui, eux, sont bel et bien réels. 

On fait des rencontres amicales internautiques pour se préserver des préjugés intimidants des personnes de la vraie vie ; on adhère à des sociétés virtuelles utopiques sans objectif particulier, afin de se sentir moins nul et moins seul dans notre refus d’accepter que la réalité est loin de correspondre à nos idéaux enfantins ; on «aime», sur notre page de profil fignolée de A à Z, des artistes populaires, des romans à succès, des films bien cotés, dont on ne connaît absolument rien, et ce tout simplement dans le but d’éviter de faire mauvaise impression... au lieu de tout simplement admettre qu’en fin de compte, on n’est pas tellement cultivé.

Et il y a pire encore : on tombe amoureux sur le Web, à travers un ordinateur – d’un pseudo, d’une image, d’un texte ou de messages échangés (voir paragraphe ci-haut). Si ce n’est pas le comble du pathétique, je me demande bien comment Internet pourrait nous faire tomber plus bas que ça. Car l’amour ne requière-t-il pas justement des émotions purement authentiques, des sentiments réels – des palpitations à la vue de l’autre, des frissons à son toucher, des papillons lors de ses baisers? La sexualité devient un fantasme exclusivement virtuel – via une voix enregistrée dans un micro de piètre qualité, interrompue de parasites audio ; via quelques photos nues pixelisées et mal éclairées, envoyées par courriel ou par message texte ; à travers une vidéo de webcam désynchronisée, lors d’une conversation par messagerie instantanée… What the fuck, les gens. Certains devraient réviser la signification du mot «sensualité» – vous savez, ce truc qui suscite l’éveil des sens et des hormones, l’effet produit par la présence enivrante de l’autre, par les intonations subjectives de sa voix, par les effluves excitantes de son parfum, par ce que tout son être dégage… ÇA, c’est de l’attirance, de l'affection, de l'amour. Le reste, c’est complètement bidon, du mensonge – ce n’est qu'une solution pitoyable à un complexe d’infériorité, qui prend un peu plus d'ampleur à chaque fois qu'on lui cède la place.


Je ne refuse pas l’évolution technologique, je veux bien suivre le mouvement – mais ça : non, ce n’est pas de l'évolution, c'est de la régression mentale qui frôle le comportement psychopathe. Il y aurait de quoi avoir honte de ça. 


On se cache derrière un masque comme des lâches, des hypocrites, des faibles. On préfère se mentir que d’apprendre à vivre avec nos failles et nos difficultés à surmonter. Il est apparemment trop difficile d’assumer qu’on n’est pas à la hauteur de l’image idéalisée qu’on a de soi-même, ou de ne pas répondre aux attentes du reste de notre entourage - qui n'est probablement pas mieux foutu que nous. Et pourtant. Tous ces artifices ridicules ne changent rien l’image qu’on contemple tous les matins dans le miroir, ni l’inconnu qu’on est forcé de confronter une fois laissé seul face à soi-même. 


Si je me permets de rédiger pareille réflexion, c'est que je ne m’associe pas à ce type d’individu, sans prétention d'ailleurs, car j'ai cependant conscience que je n’échappe pas autant au lot que je le souhaiterais. Mais au moins, j’assume ma personnalité pas si originale ni extraordinaire que ça, mes lacunes handicapantes côté social et mes défauts parfois gênants ; c’est vrai, mon nez est un plutôt moche, mes seins ne sont pas d'une taille hallucinante, et j’ai effectivement des petites poignées dodues ainsi que deux ou trois vergetures. Très franchement, je ne sais pas trop ce qui est à la mode, mes connaissances générales sont limitées et je suis bien loin d’avoir vu tout ce qu’il y avait de bon à voir dans ce monde. Enfin, l'essentiel : je n’ai pas beaucoup d’amis, et une famille plutôt restreinte. Les gens qui comptent réellement dans ma vie se recensent peut-être sur les doigts de mes deux mains, mais je sais qu’ils sont bien là, bien réels – ma famille à table avec moi au souper de Noël, mes amis dans mon divan avec moi le week-end, mon amoureux avec moi dans notre lit toutes les nuits.


Et plus important encore : je sais qu’ils sont de bonne foi lorsqu’ils me disent qu’ils m’aiment pour ce que je suis vraiment. Parce qu'ils me connaissent telle que je suis. Je m'incline avec respect devant les quelques rares personnes encore authentiques que j'ai le privilège de fréquenter. Et je vous aime.



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10.08.2011

Le changement.

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< Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement
que changer le pansement. > [Francis Blanche]

Wow.


J'en suis arrivée à un point de ma vie que je convoitais depuis un moment ;
Je suis enfin libérée de la plupart de mes vieux et lourds fardeaux.
Ou même des plus petits - à force de les cumuler, ils pèsent au moins autant.

La plupart des sources de drame et de négatif se sont éliminées d'elles-même.
Je n'ai eu qu'à croiser les bras, et admirer le spectacle. Enjoy, Mimo.
Il semblerait que ce qui devait se produire s'est produit. Le karma, sans doute.
Quel soulagement, vraiment. Je crois que c'est de ÇA dont j'avais besoin.

Il ne s'agissait pas tant de trouver QUOI faire pour améliorer les choses ;
Mais plutôt, quoi ne PAS (ou ne PLUS) faire pour empirer la situation.
Ne suffisait que de laisser aller, lâcher prise, me détacher davantage. 
Faire preuve d'un peu plus de froideur, reculer avant de finir par me brûler.

Il y a parfois des sacrifices difficiles, mais nécessaires pour progresser.
(Et d'autres dont on se dit qu'on est bête de ne pas y avoir songé plus tôt.)

Je réalise que j'ai inconsciemment entretenu bon nombre de mes malheurs.
Soit par nostalgie, par regret, par (dés)espoir, voire même par compassion.
Qu'il s'agisse de projets, de causes, d'amitiés - toutes des attaches inutiles.
Superficielles. Illusoires et surtout trompeuses. J'ai été naïve.
Heureusement, je ne suis pas si dupe. Je grandis de mes erreurs.

Contrairement à certains, je ne me plais pas dans les cercles vicieux.
Répliquer le même pattern néfaste uniquement par valeur sûre... ;
Ce mode de vie est réservé aux faibles et aux lâches peu ambitieux.
Ces gens-là me font pitié, je les trouve déplorables, pathétiques.
Je refuse d'être celle qui jalouse - je serai plutôt celle qu'on envie.
Je ne me contente pas du strict minimum : je ne veux que le meilleur.

Et je compte bien l'avoir. Qu'importe le temps et les efforts nécessaires.

D'ailleurs, j'ai le compagnon idéal pour commencer la route du bon pied.
J'ai énormément de chance d'être aussi bien accompagnée.
Difficile de souhaiter meilleur partenaire que lui ; il est l'ami & l'amant.
Il est tellement tout. Tout ce que je pouvais idéaliser chez l'autre.
(Oui : il est possible d'aimer davantage à chaque jour. Pour vrai.)

Certes, ça me laisse avec moins de causes et amitiés auxquelles me donner ;
Mais en revanche, j'y investirai du temps et de l'énergie de qualité.
Le meilleur de moi.

Changement de cap. J'ai bien hâte de voir où ce vent nous mènera.

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