C'est la voix d'un chagrin tout neuf, la voix de l'amour mort ou vif [...],
C'est la voix d'une enfant qu'on gifle, c'est la voix d'un oiseau craintif [...],
Si je disais tout ce qu'il chante, tout c'que j'ai vu et tout c'que j'sais,
J'en dirais trop et pas assez ― et tout ça, je veux l'oublier.
[Edith Piaf ― Cri du Cœur]
Une lettre (révisée) écrite à "l'autre maman"... ou disons un tout petit hommage à celle-ci.
« [...] Je te parle à cœur ouvert. Je suis un peu plus à l'aise avec toi, maintenant que nous nous connaissons mieux. Aussi je crois que tu te mérites ces... appelons-les de modestes "éloges", si on veut.
En un premier temps, je voulais te dire, tout simplement, que je t'apprécie beaucoup. Et que j'envie parfois ton fils, pour être entièrement franche avec moi-même.
Il me semble qu'il ne réalise pas pleinement la chance qu'il a de t'avoir comme mère, de t'avoir encore dans sa vie. Je m'en rends compte aujourd'hui, car c'est quelque chose que je n'aurai probablement plus la chance d'avoir, vraiment. Je sais bien que les choses n'ont pas toujours été roses entre vous deux, mais je suis véritablement contente et rassurée de vous voir en meilleurs termes ― voire même réconciliés. Ça me fait chaud au cœur, même si je suis plutôt navrée pour moi-même vis à vis de ma relation avec ma propre mère. Je vois bien que le fait d'avoir renoué avec toi lui apporte du bon, et je ne doute pas un seul instant qu'il en soit de même pour toi.
Je disais à Kev, hier soir avant d'aller dormir, qu'il doit apprécier ce qu'il a. Je crois qu'il en prend un peu plus conscience maintenant qu'il me voit triste. Ça me chagrine énormément de devoir admettre que, je suis presque mieux de considérer ma "gentille petite maman d'enfance" comme si elle n'était plus, comme si elle était perdue pour toujours. Ça me désole de le reconnaître, mais je crois que nous en sommes (ou plutôt, elle en est) maintenant à un point de non-retour. Pas que je n'aie pas la volonté de changer les choses entre nous, ou même entre elle et ma sœur, mais plutôt ― et malgré elle, peut-être ― je crains qu'elle ne veuille (ou ne puisse?) plus essayer, compte tenu de l'état psychologique et émotif dans lequel elle se trouve. Je sais que dans tous les cas, bien que cela me peine, ce n'est pas au-delà de mon vouloir ; c'est au-delà de mon pouvoir.
J'admire que ton fils et toi soyez parvenus à surmonter vos différends ainsi que certaines de vos incompatibilités, car je sais combien ça peut être difficile. J'espère que les choses continueront d'aller en s'améliorant pour vous deux. Tout comme je me considère chanceuse d'avoir ton fils dans ma vie et lui suis reconnaissante d'être tout ce qu'il est pour moi, je suis sincèrement heureuse de t'avoir comme belle-mère ; ce n'est pas donné à tout le monde d'être en bons termes avec "l'autre famille", comme tu le sais sans doute. Par exemple, lui n'a pas eu cette chance avec ma mère. Peut-être que dans d'autres circonstances, les choses auraient été différentes. Je me le demande, parfois. Mais enfin, ainsi va la vie.
Je partage ceci avec toi parce que tu es, je le crois, la mieux placée pour comprendre ma réflexion ― ma sœur a la tête et le cœur légers avec ses nouvelles amourettes, c'est ainsi un peu plus facile de mettre de côté ses soucis (et je ne l'en blâme pas, bien au contraire, cela m'apaise pour elle) ; et Kev... bien qu'il me comprenne mieux que quiconque, je crains que mon désarroi actuel soit une chose dépassant sa bonne volonté à me soutenir et à partager ma peine. Je pleurais hier soir, et il me tenait contre lui pour me réconforter... Mais les mots lui manquaient. Il embrassait doucement mon front et me caressait le dos en silence, visiblement songeur, mais surtout désemparé. J'ai alors réalisé que c'était probablement difficile pour lui de concevoir ce qui me manque et ce que je regrette en cette femme pour qui il n'a que du mépris. Avec raison, je le lui accorde ; malheureusement, il ne l'a pas connue telle que moi je l'ai connue et aimée de tout mon cœur ― avant que le désespoir, la solitude et la rancœur l'aient dévorée et emportée. Je l'aimerai toujours autant, même si je lui en voudrai toujours un peu de ne pas s'être battue contre la personne froide et amère qu'elle devenait au fil du temps. Si elle savait combien elle me manque.
Elaine, tu es une bonne maman. J'espère que tes enfants le réalisent. Et je tâcherai de le rappeler à ton fils. »
C'est la voix d'une enfant qu'on gifle, c'est la voix d'un oiseau craintif [...],
Si je disais tout ce qu'il chante, tout c'que j'ai vu et tout c'que j'sais,
J'en dirais trop et pas assez ― et tout ça, je veux l'oublier.
[Edith Piaf ― Cri du Cœur]
Une lettre (révisée) écrite à "l'autre maman"... ou disons un tout petit hommage à celle-ci.
« [...] Je te parle à cœur ouvert. Je suis un peu plus à l'aise avec toi, maintenant que nous nous connaissons mieux. Aussi je crois que tu te mérites ces... appelons-les de modestes "éloges", si on veut.
En un premier temps, je voulais te dire, tout simplement, que je t'apprécie beaucoup. Et que j'envie parfois ton fils, pour être entièrement franche avec moi-même.
Il me semble qu'il ne réalise pas pleinement la chance qu'il a de t'avoir comme mère, de t'avoir encore dans sa vie. Je m'en rends compte aujourd'hui, car c'est quelque chose que je n'aurai probablement plus la chance d'avoir, vraiment. Je sais bien que les choses n'ont pas toujours été roses entre vous deux, mais je suis véritablement contente et rassurée de vous voir en meilleurs termes ― voire même réconciliés. Ça me fait chaud au cœur, même si je suis plutôt navrée pour moi-même vis à vis de ma relation avec ma propre mère. Je vois bien que le fait d'avoir renoué avec toi lui apporte du bon, et je ne doute pas un seul instant qu'il en soit de même pour toi.
Je disais à Kev, hier soir avant d'aller dormir, qu'il doit apprécier ce qu'il a. Je crois qu'il en prend un peu plus conscience maintenant qu'il me voit triste. Ça me chagrine énormément de devoir admettre que, je suis presque mieux de considérer ma "gentille petite maman d'enfance" comme si elle n'était plus, comme si elle était perdue pour toujours. Ça me désole de le reconnaître, mais je crois que nous en sommes (ou plutôt, elle en est) maintenant à un point de non-retour. Pas que je n'aie pas la volonté de changer les choses entre nous, ou même entre elle et ma sœur, mais plutôt ― et malgré elle, peut-être ― je crains qu'elle ne veuille (ou ne puisse?) plus essayer, compte tenu de l'état psychologique et émotif dans lequel elle se trouve. Je sais que dans tous les cas, bien que cela me peine, ce n'est pas au-delà de mon vouloir ; c'est au-delà de mon pouvoir.
J'admire que ton fils et toi soyez parvenus à surmonter vos différends ainsi que certaines de vos incompatibilités, car je sais combien ça peut être difficile. J'espère que les choses continueront d'aller en s'améliorant pour vous deux. Tout comme je me considère chanceuse d'avoir ton fils dans ma vie et lui suis reconnaissante d'être tout ce qu'il est pour moi, je suis sincèrement heureuse de t'avoir comme belle-mère ; ce n'est pas donné à tout le monde d'être en bons termes avec "l'autre famille", comme tu le sais sans doute. Par exemple, lui n'a pas eu cette chance avec ma mère. Peut-être que dans d'autres circonstances, les choses auraient été différentes. Je me le demande, parfois. Mais enfin, ainsi va la vie.
Je partage ceci avec toi parce que tu es, je le crois, la mieux placée pour comprendre ma réflexion ― ma sœur a la tête et le cœur légers avec ses nouvelles amourettes, c'est ainsi un peu plus facile de mettre de côté ses soucis (et je ne l'en blâme pas, bien au contraire, cela m'apaise pour elle) ; et Kev... bien qu'il me comprenne mieux que quiconque, je crains que mon désarroi actuel soit une chose dépassant sa bonne volonté à me soutenir et à partager ma peine. Je pleurais hier soir, et il me tenait contre lui pour me réconforter... Mais les mots lui manquaient. Il embrassait doucement mon front et me caressait le dos en silence, visiblement songeur, mais surtout désemparé. J'ai alors réalisé que c'était probablement difficile pour lui de concevoir ce qui me manque et ce que je regrette en cette femme pour qui il n'a que du mépris. Avec raison, je le lui accorde ; malheureusement, il ne l'a pas connue telle que moi je l'ai connue et aimée de tout mon cœur ― avant que le désespoir, la solitude et la rancœur l'aient dévorée et emportée. Je l'aimerai toujours autant, même si je lui en voudrai toujours un peu de ne pas s'être battue contre la personne froide et amère qu'elle devenait au fil du temps. Si elle savait combien elle me manque.
Elaine, tu es une bonne maman. J'espère que tes enfants le réalisent. Et je tâcherai de le rappeler à ton fils. »
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